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Angélique Ducros

Hypnothérapeute Perpignan - Formatrice
Praticienne PNL - CNV
Psychologie Holistique - Thérapie Brèves

Observer ses pensées : comment prendre du recul sur son mental et retrouver le calme

Angélique Ducros
il y a 6 jours
5 min de lecture

Il suffit parfois d’une pensée.

Une inquiétude apparaît, puis une autre. Le mental anticipe, analyse, imagine, rejoue une conversation, cherche une solution à un problème qui n’existe peut-être même pas encore.

Et sans même nous en rendre compte, nous ne sommes plus simplement en train de penser : nous sommes complètement absorbés par nos pensées.

« Et si ça se passait mal ? »« Pourquoi a-t-il réagi comme ça ? »« Je n’aurais pas dû dire ça. »« Il faut que je trouve une solution. »« Je n’y arriverai pas. »

Le corps, lui, réagit comme si tout cela était réel, ici et maintenant : tension, accélération du rythme cardiaque, boule au ventre, oppression, agitation…

Pourtant, il existe une capacité extrêmement simple, que nous possédons tous : celle d’observer ce qui se passe dans notre propre mental.

Et cette capacité peut profondément modifier notre rapport aux pensées.


Pourquoi notre mental peut-il devenir envahissant ?


Le mental est un outil extraordinaire.

Il nous permet d’anticiper, d’organiser, de comprendre, de comparer, de mémoriser et de prendre des décisions.

Le problème n’est donc pas de penser.

Le problème apparaît lorsque nous ne faisons plus la différence entre une pensée et la réalité.

Une pensée surgit :

« Je vais échouer. »

Et presque instantanément, elle peut être vécue intérieurement comme une vérité.

Le corps réagit. Les émotions apparaissent. D’autres pensées viennent confirmer la première.

« De toute façon, ça m’arrive toujours. »

Puis :

« Je ne suis probablement pas capable. »

Une simple pensée peut alors devenir une véritable histoire intérieure.

Et plus nous alimentons cette histoire, plus elle semble réelle.


Observer ses pensées plutôt que les subir


Il existe pourtant une différence fondamentale entre :

« Je vais échouer. »

et :

« J’observe qu’une pensée me dit que je vais échouer. »

La pensée est exactement la même.

Mais notre position intérieure a changé.

Dans le premier cas, nous sommes dans la pensée.

Dans le second, nous sommes capables de voir la pensée.

C’est ce déplacement qui crée un espace.

Et dans cet espace peut apparaître davantage de calme.

Observer son mental ne signifie donc pas arrêter de penser.

Il s’agit plutôt de découvrir que nous ne sommes pas obligés de suivre chaque pensée qui traverse notre esprit.


La pensée est un événement, pas nécessairement une vérité


Notre cerveau produit continuellement des pensées.

Certaines sont utiles.

Certaines sont réalistes.

Certaines sont complètement absurdes.

Certaines proviennent de nos expériences passées, de nos peurs, de nos apprentissages ou de nos blessures.

Et pourtant, nous avons souvent tendance à leur accorder la même importance.

Imaginez que chaque pensée soit comme une notification apparaissant sur un téléphone.

Recevoir une notification ne vous oblige pas à l’ouvrir.

De la même manière, voir apparaître une pensée ne vous oblige pas à entrer dans son histoire.

Cette compréhension peut progressivement modifier notre rapport au mental.

La pensée est là.

Mais elle n’a plus nécessairement besoin de devenir ma réalité.


Comment observer son mental concrètement ?


L’expérience peut être extrêmement simple.


1. Arrêtez-vous quelques instants

Pendant quelques secondes, ne cherchez rien.

Ne tentez pas de vous détendre.

Ne cherchez pas non plus à faire disparaître vos pensées.

Observez simplement.


2. Attendez la prochaine pensée

Vous pouvez même vous poser intérieurement cette question :

« Quelle sera ma prochaine pensée ? »

Puis attendez.

Il peut alors se produire quelque chose d’intéressant.

Pendant quelques secondes, parfois davantage, un espace apparaît.

Puis une pensée arrive.


3. Regardez-la apparaître

Vous ne l’avez pas nécessairement choisie.

Elle est simplement apparue.

Puis une autre viendra.

Et encore une autre.

Vous pouvez alors commencer à observer quelque chose que nous remarquons rarement :

les pensées apparaissent spontanément dans la conscience.

Vous pouvez les voir.

Et si vous pouvez les voir, alors une question intéressante commence à se poser.


Si j’observe mes pensées, suis-je mes pensées ?


Nous arrivons ici à une frontière particulièrement intéressante entre le travail thérapeutique, la méditation et l’investigation de soi.

Habituellement, nous disons :

« Je pense. »

Mais lorsque nous observons attentivement notre expérience, nous pouvons constater qu’une grande partie des pensées apparaissent sans que nous ayons consciemment décidé de les produire.

Une pensée apparaît.

Elle est perçue.

Puis elle disparaît.

Une autre apparaît.

Alors, qu’est-ce qui observe ce mouvement ?

Cette question ne demande pas forcément une réponse intellectuelle.

Elle peut simplement être regardée.


L’observateur et l’observé


Au début de cette pratique, il semble exister deux choses :

moi, l’observateur, et mes pensées, qui sont observées.

Cette distinction est déjà extrêmement utile.

Elle permet de prendre du recul, de ne plus être systématiquement entraîné par le contenu mental et de retrouver davantage d’espace intérieur.

Mais l’investigation peut aller encore plus loin.

Car si l’on observe attentivement cet « observateur », une nouvelle question apparaît :

où est-il exactement ?

A-t-il une forme ?

Une localisation ?

Peut-on réellement trouver un observateur séparé de ce qui est observé ?

Ou existe-t-il simplement une expérience présente dans laquelle apparaissent pensées, sensations, émotions et perceptions ?

C’est ici que l’observation du mental peut devenir une véritable investigation de soi.


De l’apaisement mental à l’investigation de soi


Il existe donc plusieurs niveaux possibles dans cette pratique.

Dans une démarche thérapeutique, observer ses pensées permet notamment de prendre de la distance avec les ruminations, les anticipations anxieuses ou certains automatismes mentaux.

Dans une démarche méditative, cela permet de développer une présence plus stable à ce qui est vécu.

Et dans une approche non-duelle, l'investigation peut aller plus profondément encore :

Qui observe ?

Existe-t-il réellement une séparation entre celui qui observe et ce qui est observé ?

À ce niveau, il ne s’agit plus seulement de calmer le mental.

Il s’agit d’explorer directement la nature de notre expérience.


Observer ne signifie pas fuir ce que l’on ressent


Il existe cependant un point essentiel.

Prendre du recul sur ses pensées ne signifie pas utiliser « l’observateur » pour éviter ses émotions ou contourner ses blessures.

Nous pouvons parfaitement comprendre que nous ne sommes pas nos pensées et continuer à porter des conditionnements, des peurs ou des blessures qui nécessitent d’être rencontrés.

La conscience de ce qui est n’annule pas nécessairement le travail thérapeutique.

Les deux peuvent se compléter.

Parfois, nous avons besoin de prendre du recul.

Parfois, nous avons besoin d’entrer profondément dans une émotion, une blessure ou un schéma répétitif afin de le transformer.

Et parfois, nous avons simplement besoin d’observer.

Il n’y a pas opposition. Il y a reliance.


Une expérience à essayer aujourd’hui


La prochaine fois que votre mental s’emballe, plutôt que d’essayer immédiatement de le faire taire, tentez simplement ceci :

« Une pensée est présente. »

Puis observez-la.

Sans la combattre.

Sans chercher à la remplacer.

Sans décider immédiatement si elle est vraie ou fausse.

Regardez ce qu’elle provoque dans votre corps.

Puis observez la pensée suivante.

Et posez-vous doucement cette question :

« Qu’est-ce qui est conscient de cette pensée ? »

Ne cherchez pas forcément la réponse.

Restez quelques instants avec la question.

Vous pourriez découvrir que le calme ne vient pas toujours de la disparition des pensées.

Il peut aussi apparaître lorsque nous cessons simplement de nous confondre avec elles.


Reliance Formations – Angélique Ducros

Hypnothérapie, thérapies brèves, accompagnement thérapeutique et investigation non-duelle.


Se relier à soi, se relier au monde.

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