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Angélique Ducros

Hypnothérapeute Perpignan - Formatrice
Praticienne PNL - CNV
Psychologie Holistique - Thérapie Brèves

Elle était venue pour une dépendance affective… Ce qui s’est passé en séance était tout autre.

Angélique Ducros
1 sept.
6 min de lecture

Quand la peur d’être abandonnée nous conduit à nous abandonner nous-même.

Elle était arrivée avec une idée très précise de son problème.

« Je suis en dépendance affective. »

Elle avait lu des articles, regardé des vidéos, reconnu beaucoup de signes. Et effectivement, lorsqu’elle me racontait son quotidien, tout semblait aller dans ce sens.

Elle était attachée à un homme avec lequel elle n’était pourtant pas heureuse.

Elle savait que certaines de ses attitudes ne lui convenaient pas. Elle ne se sentait pas toujours respectée, pas toujours entendue. Elle avait déjà pensé à partir.

Mais elle n’y arrivait pas.

Parce que derrière l’idée de le quitter se cachait quelque chose de beaucoup plus puissant :

la peur qu’il parte, lui.


Quand un simple retard devient une tempête intérieure


Un soir, par exemple, il devait rentrer vers 19 heures.

19 h 30. Rien.

20 heures. Toujours aucun message.

Elle regardait son téléphone.

Une première fois.

Puis une deuxième.

Elle envoyait un message.

Pas de réponse.

Et très rapidement, ce qui aurait pu rester une simple question — « Tiens, pourquoi est-il en retard ? » — devenait tout autre chose.

Il s’en fiche de moi.

Je ne compte pas vraiment pour lui.

Il est peut-être avec quelqu’un.

Il va finir par me quitter.

Et plus le silence durait, plus l’angoisse montait.

Autre situation : après une dispute, son compagnon pouvait avoir besoin de s’isoler et de ne plus parler pendant quelques heures.

Pour lui, c’était peut-être simplement une manière de gérer le conflit.

Pour elle, le silence prenait immédiatement une autre signification :

« Il ne m’aime plus. »

Et parfois même :

« Il va partir. »

Alors elle pouvait revenir vers lui alors qu’elle était pourtant blessée, chercher à apaiser la situation rapidement, minimiser ce qui venait de se passer…

Non pas nécessairement parce que le problème était réglé.

Mais parce que retrouver le lien était devenu plus urgent que de s’écouter elle-même.

C’est là que notre travail a commencé.


Et si le problème n’était pas seulement la dépendance affective ?


Au fil de l’accompagnement, quelque chose d’autre est apparu.

Derrière cette peur de perdre l'homme qu'elle aimait se trouvait une peur beaucoup plus ancienne :

celle d’être abandonnée.

Nous sommes alors remontées vers une période de son enfance.

Petite fille, elle adorait son père.

Il occupait une place extrêmement importante dans son univers affectif.

Mais son père était militaire.

Son métier l’obligeait à partir régulièrement, parfois loin et pendant de longues périodes.

Et la petite fille avait vécu ses absences comme un abandon.

Pourtant, lorsque l’on regarde les faits avec les yeux de l’adulte, l’histoire est différente.

Son père ne l’avait pas abandonnée.

Il aimait sa fille.

Il n’avait pas choisi de disparaître de sa vie.

Son travail nécessitait simplement qu’il s’absente.

Et cette distinction est fondamentale.


Il y a les faits… et il y a ce que nous avons vécu


Deux personnes peuvent vivre exactement la même situation et ne pas en garder la même empreinte émotionnelle.

Parce que nous ne réagissons pas uniquement aux faits.

Nous réagissons aussi à l’interprétation que nous en faisons.

Et plus encore lorsque nous sommes enfants.

Un adulte peut comprendre :

« Papa travaille loin de la maison parce que son métier l’exige, mais il m’aime. »

Une petite fille, elle, peut simplement ressentir :

« Papa n’est plus là. »

Puis parfois :

« Celui que j’aime peut disparaître. »

Ce n’est pas une vérité objective.

Mais émotionnellement, cela peut devenir une vérité intérieure.

Et cette différence entre le réel et l’interprétation que nous avons construite du réel est essentielle dans de nombreux accompagnements thérapeutiques.

Car des années plus tard, la situation a changé…

Mais l’émotion, elle, peut encore se réactiver.

Le compagnon qui ne répond pas au téléphone n’est évidemment pas le père qui part plusieurs semaines.

Et pourtant, quelque chose à l’intérieur peut reconnaître la même sensation :

« La personne que j’aime n’est plus là. »


Elle avait peur d’être abandonnée… mais elle s’abandonnait elle-même


C’est probablement l’un des éléments les plus intéressants qui est apparu dans ce travail.

Elle avait tellement peur que l’autre l’abandonne qu’elle ne voyait plus à quel point, parfois, elle s’abandonnait elle-même.

Elle ne respectait pas toujours ses propres limites.

Elle taisait certaines choses pour éviter un conflit.

Elle acceptait parfois ce qui lui faisait pourtant du mal.

Elle n’écoutait plus certains de ses besoins.

Elle pouvait se demander :

« Que dois-je faire pour qu’il reste ? »

avant de se demander :

« Est-ce que cette relation me convient réellement ? »

Et c’est là que la dépendance affective prend parfois une autre dimension.

Travailler uniquement sur la relation actuelle ne suffit pas toujours.

Parce que la question n’est plus seulement :

« Pourquoi ai-je tellement peur qu’il m’abandonne ? »

Elle devient aussi :

« À quels endroits de ma vie est-ce que je m’abandonne moi-même ? »


Revenir symboliquement vers cette petite fille


L’hypnothérapie permet notamment de travailler avec les représentations, les émotions et les associations inconscientes qui peuvent être liées à certaines expériences.

Il ne s’agit pas de changer le passé.

Son père est parti travailler.

Cela fait partie de son histoire.

Mais il est possible de travailler sur la manière dont cette histoire continue d’être vécue intérieurement aujourd’hui.

Dans un travail symbolique sous hypnose, nous pouvons par exemple rencontrer cette partie de soi qui s’est sentie abandonnée, lui permettre d’exprimer ce qu’elle n’avait peut-être jamais pu exprimer et lui apporter aujourd’hui des ressources qu’elle ne possédait pas lorsqu’elle était enfant.

Parfois, ce n’est d’ailleurs pas une seule « petite fille intérieure » que nous rencontrons symboliquement.

Ce sont différentes parties de nous, associées à différentes expériences, qui continuent à porter certaines peurs.

L’objectif n’est pas d’effacer notre histoire.

Il est de permettre à l’adulte que nous sommes devenu de ne plus être entièrement gouverné par une émotion née plusieurs décennies auparavant.


Et lorsque la peur commence à perdre sa place…


Le changement ne signifie pas nécessairement que l’autre change.

C’est parfois beaucoup plus subtil que cela.

Un retard reste un retard.

Un téléphone silencieux reste un téléphone silencieux.

Un désaccord reste un désaccord.

Mais la tempête intérieure n’est plus forcément la même.

Et progressivement, une nouvelle question peut apparaître.

Non plus :

« Comment faire pour qu’il ne me quitte pas ? »

Mais :

« Qu’est-ce que je veux, moi ? »

« Qu’est-ce qui est juste pour moi ? »

« Qu’est-ce que j’accepte et qu’est-ce que je n’accepte plus ? »

Et surtout :

« Est-ce que je suis capable de rester présente à moi-même, même lorsque j’ai peur de perdre l’autre ? »

C’est souvent là que quelque chose commence véritablement à changer.


Et si nous allions encore un peu plus loin ?


La thérapie non-duelle peut également ouvrir une autre porte.

Au-delà de l’histoire personnelle, des blessures et des mécanismes émotionnels, elle peut nous inviter à observer cette croyance très profonde selon laquelle nous aurions besoin d’être choisi, aimé ou retenu par quelqu’un pour être complet.

Qui sommes-nous lorsque, pendant quelques instants, nous cessons de chercher notre valeur dans le regard de l’autre ?

Cela ne signifie pas que nous n’avons plus besoin d’amour, de relation ou de lien.

Cela permet simplement d'explorer une autre manière d'être en relation : non plus uniquement depuis la peur de perdre, mais depuis une présence plus profonde à soi.


Derrière le problème annoncé se cache parfois une autre histoire


Cette femme était venue travailler sur sa dépendance affective.

Et oui, nous avons travaillé sur sa dépendance affective.

Mais pas uniquement là où elle pensait la trouver.

Parce qu’un symptôme, un comportement ou une difficulté relationnelle peut parfois être la partie visible d’une histoire beaucoup plus profonde.

C’est aussi pour cela qu'en hypnothérapie, en PNL, en thérapie non-duelle ou avec d'autres approches de thérapies brèves, nous ne travaillons pas uniquement avec une étiquette.

Nous travaillons avec une personne.

Avec son histoire.

Ses représentations.

Ses émotions.

Et sa manière singulière d’avoir construit son rapport à elle-même et aux autres.

Notre esprit est capable de beaucoup.

Et parfois, comprendre que la personne que nous avions le plus besoin de ne plus abandonner était nous-même constitue déjà le début d’un profond changement.


Hypnothérapie et thérapie non-duelle à Perpignan et Canet-en-Roussillon


J’accompagne en séance individuelle les personnes souhaitant travailler notamment sur la dépendance affective, les blessures émotionnelles, les schémas relationnels répétitifs, les peurs ou le manque de confiance en soi.

L’hypnothérapie et la thérapie non-duelle proposent deux portes d’entrée différentes et complémentaires, adaptées à l’histoire et aux besoins de chacun.


Angélique Ducros – Reliance Formations

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