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Angélique Ducros

Hypnothérapeute Perpignan - Formatrice
Praticienne PNL - CNV
Psychologie Holistique - Thérapie Brèves

Je sais ce que je devrais faire… alors pourquoi je n’y arrive pas ?

  • Angélique Ducros
  • 10 août
  • 5 min de lecture

« Je sais que je devrais arrêter. »

« Je sais que cette relation ne me convient pas. »

« Je sais que je devrais davantage penser à moi. »

« Je sais que je devrais avoir confiance en moi. »

« Je sais ce qu’il faudrait que je fasse… mais je n’y arrive pas. »

Cette phrase revient très souvent.

Et elle révèle quelque chose d’essentiel : comprendre ne suffit pas toujours à changer.

Nous pouvons avoir parfaitement identifié un comportement, une situation ou un fonctionnement qui nous fait souffrir et continuer malgré tout à le reproduire.

Ce n’est pas forcément un manque de volonté.

C’est souvent parce qu’entre ce que nous savons consciemment et ce que nous faisons réellement interviennent de nombreux mécanismes : nos émotions, nos croyances, nos automatismes, notre histoire, nos peurs et parfois une partie de nous qui cherche simplement à nous protéger.


Savoir n’est pas changer


Notre cerveau est capable d’analyser une situation et d’en comprendre parfaitement les conséquences.

Nous pouvons donc savoir qu’une habitude est mauvaise pour nous, qu’une relation nous épuise ou qu’un comportement nous enferme.

Pourtant, cette compréhension reste parfois essentiellement intellectuelle.

Car nos comportements ne sont pas uniquement déterminés par notre raisonnement.

Ils sont également influencés par ce que nous avons appris, vécu, ressenti et répété au fil du temps.

C’est ainsi que deux mouvements peuvent coexister :

« Je veux changer. »

et, en même temps :

« Quelque chose en moi résiste au changement. »


Nos automatismes sont plus puissants qu’on ne le pense


Une grande partie de nos réactions quotidiennes fonctionne de manière automatique.

Face à certaines situations, nous n’avons même plus besoin de réfléchir.

Nous réagissons.

Nous évitons.

Nous nous taisons.

Nous contrôlons.

Nous nous mettons en colère.

Nous cherchons l’approbation.

Nous retournons vers quelqu’un alors que nous avions décidé de ne plus le faire.

Ces comportements peuvent avoir été répétés pendant des années.

Ils sont devenus des chemins connus.

Et le cerveau apprécie ce qu’il connaît, même lorsque ce fonctionnement n’est plus réellement adapté à notre vie actuelle.

Changer demande donc parfois davantage que de prendre une décision.

Il faut créer un nouveau chemin.


Derrière un comportement, il existe souvent une fonction


C’est une question particulièrement intéressante à se poser :

À quoi me sert ce comportement ?

Pas consciemment, évidemment.

Mais que m’évite-t-il ?

Que me permet-il d’obtenir ?

Que cherche-t-il à protéger ?

Une personne qui évite constamment les conflits peut, par exemple, savoir qu’elle devrait davantage s’affirmer.

Mais si elle a appris que le conflit entraîne le rejet, la colère ou la perte du lien, se taire peut représenter intérieurement une forme de sécurité.

Une personne qui contrôle énormément peut savoir qu’elle devrait « lâcher prise ».

Mais si contrôler lui permet de diminuer son anxiété face à l’incertitude, le contrôle possède une fonction.

Une personne peut également rester dans une relation qui ne lui convient plus tout en sachant parfaitement qu’elle devrait partir.

Parce que derrière cette relation peuvent se cacher la peur de la solitude, le besoin d’être aimée, l’attachement, l’espoir ou encore certaines blessures plus anciennes.

Le comportement qui nous pose problème aujourd’hui a parfois été, à un autre moment de notre histoire, une solution.


Les croyances influencent profondément nos décisions


Nous ne réagissons pas seulement à la réalité.

Nous réagissons aussi à ce que nous croyons à propos de la réalité.

« Je dois être fort. »

« Je ne peux compter que sur moi. »

« Si je dis non, je vais décevoir. »

« Pour être aimé, je dois faire plaisir. »

« Je ne suis pas capable. »

« Je ne mérite pas mieux. »

Ces croyances ne sont pas toujours conscientes.

Pourtant, elles peuvent orienter nos choix pendant des années.

Nous essayons alors de changer notre comportement sans toucher à la structure qui continue de le produire.

C’est un peu comme vouloir modifier les fruits d’un arbre sans regarder ses racines.


Il existe aussi une peur de l’inconnu


Nous imaginons souvent que nous avons uniquement peur de ce qui est mauvais.

Mais nous pouvons également avoir peur de ce que nous désirons.

Changer de travail.

Quitter une relation.

Créer un projet.

Prendre davantage de place.

Dire non.

Réussir.

Être pleinement soi.

Parce que tout changement nous confronte, d’une manière ou d’une autre, à l’inconnu.

L’ancien fonctionnement peut être douloureux, mais il est connu.

Le nouveau peut être meilleur… mais il reste à découvrir.

Et entre une souffrance connue et un avenir incertain, notre système de protection choisit parfois ce qu’il connaît déjà.


La volonté n’est donc qu’une partie du changement


Se répéter :

« Il faut que je change. »

« Je dois arrêter. »

« Cette fois, je vais y arriver. »

peut fonctionner pendant quelque temps.

Mais lorsque les mécanismes profonds restent identiques, les anciens comportements finissent souvent par revenir.

C’est pour cette raison que certaines personnes ont l’impression de recommencer éternellement les mêmes histoires.

Elles comprennent.

Elles décident.

Elles essaient.

Puis elles reviennent progressivement à leur ancien fonctionnement.

Et elles finissent parfois par conclure :

« Je manque de volonté. »

Alors que la véritable question pourrait être :

« Qu’est-ce qui, en moi, rend encore ce comportement nécessaire ? »


Comprendre ce qui se joue pour pouvoir réellement transformer


Le changement devient souvent plus accessible lorsque nous cessons de lutter uniquement contre le comportement visible et que nous cherchons à comprendre ce qui se trouve derrière.

Quelle émotion est présente ?

Quelle peur ?

Quelle croyance ?

Quel besoin ?

Quelle ancienne stratégie de protection ?

Quel automatisme ?

Quel bénéfice, même inconscient, existe encore ?

C’est précisément ce travail qui peut être exploré dans un accompagnement en hypnothérapie

 : aller au-delà de la compréhension consciente pour travailler sur les mécanismes, automatismes et associations qui continuent parfois à agir malgré nous.

Pour certaines personnes, le travail peut également aller encore plus loin et interroger notre rapport à ce que nous pensons être, à nos identifications et à notre manière d’expérimenter ce qui nous arrive. C’est notamment l’approche proposée dans l’accompagnement en thérapie non-duelle


Et si nous arrêtions de nous demander « pourquoi je n’y arrive pas ? »


Cette question contient souvent déjà un jugement.

Comme si nous devions être capables de changer immédiatement dès lors que nous avons compris.

Essayons plutôt :

« Qu’est-ce qui m’empêche encore de faire autrement ? »

La différence peut sembler subtile.

Elle est pourtant immense.

La première question accuse.

La seconde cherche à comprendre.

Et comprendre réellement ce qui nous retient permet parfois de découvrir que derrière ce que nous appelions faiblesse, sabotage ou manque de volonté se trouvait simplement un mécanisme qui avait appris à nous protéger d’une certaine manière.

Le changement ne consiste alors plus à se battre contre soi.

Il consiste à comprendre, transformer et apprendre progressivement à fonctionner autrement.

Parce qu’entre savoir ce que nous devrions faire et être capable de le faire, il existe parfois tout un monde intérieur à explorer.


Angélique Ducros – Reliance Formations

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