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Angélique Ducros

Hypnothérapeute Perpignan - Formatrice
Praticienne PNL - CNV
Psychologie Holistique - Thérapie Brèves

Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?

Angélique Ducros
20 août
7 min de lecture

On nous dit souvent : « Il faut lâcher prise. »

Lâcher prise sur une situation. Sur une relation.Sur ce que les autres pensent de nous. Sur ce que nous ne pouvons pas contrôler.

Sur le papier, cela paraît simple.

Dans la réalité, c’est parfois extrêmement difficile.

Car lâcher prise ne consiste pas simplement à décider de ne plus penser à quelque chose. Si c’était le cas, il suffirait de se dire « je n’y pense plus » pour que notre cerveau obéisse.

Or, nous savons tous que cela ne fonctionne pas ainsi.

Alors pourquoi avons-nous parfois tant de mal à lâcher prise ?


Lâcher prise ne signifie pas abandonner


C’est probablement l’une des premières confusions à lever.

Lâcher prise ne signifie pas renoncer, devenir passif ou ne plus agir.

Il s’agit plutôt de faire la différence entre :

  • ce sur quoi nous pouvons réellement agir ;

  • et ce que nous essayons de contrôler alors que cela ne dépend pas de nous.

Nous pouvons agir sur nos choix, nos comportements, nos décisions ou notre manière de répondre à une situation.

Mais nous ne pouvons pas entièrement contrôler les autres, leurs réactions, leurs sentiments, le passé ou tous les événements de notre vie.

Lâcher prise commence souvent lorsque nous cessons de lutter contre ce qui échappe à notre contrôle.


Pourquoi notre cerveau cherche-t-il autant à contrôler ?


Le contrôle apporte une sensation de sécurité.

Lorsque nous anticipons, analysons et essayons de prévoir ce qui va se passer, notre cerveau tente souvent de réduire l’incertitude.

Et l’incertitude peut être inconfortable.

Alors le mental travaille.

Il imagine.

Il anticipe.

Il rejoue les conversations.

Il cherche des solutions.

Il construit des scénarios.

Parfois jusqu’à l’épuisement.

Ce fonctionnement peut donner l’impression que réfléchir davantage permettra forcément de trouver une solution.

Pourtant, penser davantage ne signifie pas toujours comprendre davantage.

Il arrive un moment où la réflexion devient rumination.


Derrière le besoin de contrôle se cache souvent une peur


La difficulté à lâcher prise n’est pas nécessairement un problème de volonté.

Elle peut être liée à quelque chose de beaucoup plus profond.

La peur de perdre.

La peur d’être rejeté.

La peur de se tromper.

La peur d’échouer.

La peur d’être déçu.

La peur de ne pas savoir ce qui va arriver.

La peur de souffrir.

Dans ce cas, le contrôle devient une stratégie de protection.

Notre inconscient semble nous dire :

« Si je peux tout anticiper, peut-être pourrai-je éviter de souffrir. »

Le problème est que cette stratégie finit parfois par produire exactement l’inverse : tension, fatigue mentale, anxiété et difficulté à profiter du présent.


Pourquoi certaines personnes ont-elles plus de mal à lâcher prise ?


Notre histoire personnelle joue évidemment un rôle.

Une personne ayant vécu beaucoup d’imprévisibilité peut avoir développé un besoin important d’anticipation.

Une personne ayant dû très tôt gérer beaucoup de responsabilités peut avoir appris qu’elle devait toujours garder la maîtrise.

Une autre peut avoir associé inconsciemment le contrôle à la sécurité.

Ce fonctionnement peut devenir tellement automatique que la personne ne réalise même plus à quel point elle essaie de tout anticiper.

Ce n’est donc pas seulement une manière de penser.

Cela peut devenir une véritable façon de fonctionner dans le monde.


Le paradoxe du lâcher-prise


Plus nous nous forçons à lâcher prise… moins nous y arrivons.

Pourquoi ?

Parce que vouloir absolument lâcher prise peut devenir une nouvelle forme de contrôle.

« Il faut que j’arrête d’y penser. »

« Il faut que j’accepte. »

« Il faut que je passe à autre chose. »

« Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? »

Et nous voilà en train de lutter contre notre propre lutte.

Le véritable lâcher-prise commence souvent ailleurs.

Non pas en cherchant à supprimer ce que nous ressentons, mais en cessant de nous battre contre ce qui est déjà présent.


Accueillir avant de vouloir transformer


Une émotion n’a pas nécessairement besoin d’être immédiatement supprimée.

Elle peut d’abord être entendue.

Qu’est-ce qui me fait peur ?

Qu’est-ce que j’essaie de retenir ?

Qu’est-ce que je voudrais absolument contrôler ?

Qu’est-ce que je refuse peut-être d’accepter dans cette situation ?

Ces questions permettent parfois de découvrir que derrière notre difficulté à lâcher prise se trouve un besoin beaucoup plus profond : sécurité, reconnaissance, amour, stabilité, compréhension…

Lorsque ce besoin devient conscient, quelque chose peut déjà commencer à se détendre.


Lâcher prise, c’est aussi revenir au présent


Le mental aime voyager.

Il retourne dans le passé pour chercher ce qui aurait pu être différent.

Il part dans le futur pour essayer de prévoir ce qui pourrait arriver.

Pendant ce temps, le présent disparaît.

Revenir au présent ne signifie pas nier le passé ou ne plus préparer l’avenir.

Cela signifie simplement revenir régulièrement à une question essentielle :

« Qu’est-ce qui dépend réellement de moi, ici et maintenant ? »

Parfois, une action est possible.

Parfois, aucune action supplémentaire n’est nécessaire.

Et c’est précisément là que commence le lâcher-prise.


Quand l’inconscient empêche de lâcher prise


Nous pouvons comprendre intellectuellement qu’une situation ne dépend plus de nous et pourtant continuer à ressentir une tension intérieure.

C’est particulièrement fréquent lorsque certaines croyances ou certains automatismes inconscients sont impliqués.

Par exemple :

« Je dois tout gérer. »

« Si je ne contrôle pas, quelque chose va mal se passer. »

« Je dois anticiper pour être en sécurité. »

« Je dois comprendre avant de pouvoir avancer. »

Ces croyances ne sont pas toujours conscientes.

C’est pourquoi travailler uniquement avec la volonté ou le raisonnement peut parfois ne pas suffire.


L’hypnose pour travailler autrement


L’hypnothérapie permet notamment de travailler avec les mécanismes inconscients qui entretiennent certains comportements, réactions émotionnelles ou croyances.

L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un qui ne contrôle plus rien.

Il s’agit plutôt de retrouver davantage de souplesse intérieure : agir lorsque l’action est possible et apprendre à relâcher lorsque continuer à lutter ne change plus rien.

C’est également ce que j’explore dans mes accompagnements : comprendre ce qui se joue derrière un comportement plutôt que simplement essayer de le supprimer.

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Le lâcher-prise vu à travers la non-dualité


La non-dualité nous invite à regarder le lâcher-prise sous un autre angle.

Et si notre difficulté venait aussi de cette impression permanente que nous devrions maîtriser ce qui est en train d’arriver ?

Nous passons une grande partie de notre vie à comparer ce qui est avec ce que nous voudrions que cela soit.

Cette situation ne devrait pas exister.

Cette personne devrait agir autrement.

Je devrais déjà aller mieux.

Je ne devrais pas ressentir cela.

Les choses auraient dû se passer différemment.

Une grande partie de notre souffrance naît alors dans cet espace : entre ce qui est et ce que notre mental voudrait qui soit.


Cesser de lutter contre ce qui est déjà là


La non-dualité ne nous demande pas de devenir passifs ni de tout accepter sans agir.

Si une situation nécessite une décision, une limite, un changement ou une action, nous pouvons évidemment agir.

Mais quelque chose change lorsque nous cessons intérieurement d’exiger que l’instant présent soit différent de ce qu’il est déjà.

Car ce qui est là… est déjà là.

Une émotion est présente.

Une situation s’est produite.

Une personne a fait un choix.

Une relation s’est terminée.

Un événement ne s’est pas déroulé comme nous l’espérions.

Nous pouvons agir sur la suite.

Mais lutter mentalement contre le fait que cela ait eu lieu ne modifie pas la réalité. Cela ajoute simplement une deuxième couche de souffrance à l’expérience.

Le lâcher-prise devient alors moins une action à accomplir qu’une résistance qui cesse.


Mais qui veut absolument contrôler ?


La non-dualité nous invite également à observer quelque chose de plus subtil.

Lorsque nous pensons :

« Je dois contrôler. »

« Je dois trouver une solution. »

« Je dois réussir à lâcher prise. »

Nous pouvons nous demander :

Qui est ce “je” qui pense devoir tout maîtriser ?

Nous découvrons alors le fonctionnement du mental, de l’identité construite, des peurs, des croyances et de cette impression d’être un individu séparé devant constamment sécuriser son existence.

Il ne s’agit pas de supprimer le mental.

Il s’agit de commencer à voir son fonctionnement.

Et lorsque nous pouvons observer une pensée sans automatiquement la prendre pour une vérité, un espace apparaît.

Nous ne sommes plus obligés de suivre chacune de ses injonctions.


Le lâcher-prise n’est peut-être pas quelque chose à faire


C’est là tout le paradoxe.

Nous cherchons parfois une méthode pour réussir à lâcher prise.

Mais vouloir « réussir » le lâcher-prise peut encore être une tentative de maîtrise.

Dans une approche non-duelle, il ne s’agit donc pas nécessairement d’apprendre à lâcher.

Il s’agit davantage de voir ce que nous sommes continuellement en train de retenir.

Une attente.

Une histoire.

Une image de nous-mêmes.

Une relation telle que nous voudrions qu’elle soit.

Un futur imaginé.

Une explication.

Un besoin d’avoir raison.

Une volonté que la réalité corresponde à notre scénario.

Lorsque cette mécanique devient consciente, le relâchement peut parfois se produire de lui-même.

Non parce que nous avons enfin réussi à lâcher prise.

Mais parce que, pendant un instant, nous avons cessé de retenir.


L’accompagnement en thérapie non-duelle


La thérapie non-duelle permet d’explorer ces mécanismes en profondeur, non seulement à travers notre histoire personnelle et nos émotions, mais également à travers la manière dont nous nous identifions à nos pensées, à nos peurs et à notre besoin de contrôle.

Il ne s’agit pas de nier ce que nous vivons ni de chercher à atteindre un état permanent de sérénité.

Il s’agit d’observer, d’accueillir et de comprendre ce qui crée intérieurement la lutte.

L’accompagnement peut ainsi ouvrir progressivement un autre rapport à l’expérience : moins de résistance à ce qui est, davantage de présence et une capacité à agir lorsque cela est nécessaire sans devoir intérieurement tout maîtriser.

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Et si lâcher prise consistait finalement à faire confiance ?


Pas nécessairement croire que tout se passera exactement comme nous le souhaitons.

Mais développer progressivement cette certitude intérieure :

« Quoi qu’il arrive, je pourrai y faire face. »

Lorsque cette sécurité intérieure grandit, le besoin de tout contrôler peut naturellement diminuer.

Parce que nous n’avons plus besoin de connaître toutes les réponses à l’avance.

Nous pouvons avancer.

Observer.

Nous adapter.

Agir lorsque cela est nécessaire.

Et parfois…

simplement laisser la vie suivre son mouvement.



Angélique Ducros – www.Reliance Formations.com

Se relier à soi, se relier au monde

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