Pourquoi répète-t-on toujours les mêmes schémas relationnels ?
« Je tombe toujours sur le même type de personne. »
« Je sais que cette relation ne me convient pas, mais je n’arrive pas à partir. »
« À chaque fois, ça commence différemment… et pourtant, ça finit toujours de la même manière. »
Certaines histoires semblent se répéter.
Les visages changent, les circonstances aussi, mais les émotions ressenties sont étrangement familières : peur d’être abandonné, sentiment de ne pas compter, besoin d’être rassuré, impression de devoir tout porter, difficulté à faire confiance, peur du conflit ou, au contraire, relations constamment conflictuelles.
Et une question finit souvent par apparaître :
Pourquoi est-ce que je répète toujours les mêmes schémas relationnels alors que j’en ai conscience ?
Parce que comprendre un schéma ne suffit pas toujours à s’en libérer.
Une grande partie de ce qui se joue dans nos relations ne dépend pas uniquement de notre volonté consciente. Nos expériences passées, nos croyances, nos mécanismes de protection et nos apprentissages émotionnels influencent également notre manière d’aimer, de nous attacher et de réagir à l’autre.
Qu’est-ce qu’un schéma relationnel répétitif ?
Un schéma relationnel est une dynamique qui tend à se reproduire dans différentes relations.
Il peut s’agir, par exemple :
de choisir régulièrement des partenaires peu disponibles émotionnellement ;
de ressentir une forte peur de l’abandon ;
de chercher constamment à rassurer ou sauver l’autre ;
de s’oublier pour préserver la relation ;
de rester dans des relations qui font souffrir ;
de fuir dès que la relation devient trop intime ;
d’avoir besoin de contrôler pour se sentir en sécurité ;
de ne pas réussir à poser ses limites ;
de vivre régulièrement des relations marquées par la jalousie ou le conflit ;
de ressentir souvent le sentiment de ne pas être suffisamment aimé ou reconnu.
Le contexte peut être différent, mais l’expérience émotionnelle profonde reste souvent la même.
C’est justement ce qui donne parfois cette impression troublante de revivre encore et encore la même histoire.
Pourquoi reproduisons-nous ce qui nous fait souffrir ?
Cela peut sembler paradoxal.
Si une situation nous a fait souffrir, pourquoi retourner vers quelque chose qui lui ressemble ?
Parce que notre fonctionnement psychique ne recherche pas uniquement ce qui est agréable. Il est également influencé par ce qui lui est familier.
Très tôt, nous apprenons ce que signifie être aimé, entendu, reconnu, protégé ou abandonné.
L’enfant ne dispose pas encore du recul nécessaire pour analyser ce qu’il vit. Il s’adapte.
Il peut alors intégrer implicitement certaines croyances :
« Pour être aimé, je dois être gentil. »
« Je dois m’occuper des autres avant de penser à moi. »
« Si quelqu’un s’éloigne, je risque de le perdre. »
« Je ne peux compter que sur moi-même. »
« L’amour se mérite. »
« Si je montre mes besoins, je risque d’être rejeté. »
Ces croyances peuvent ensuite continuer à influencer nos relations bien après l’enfance.
Le rôle de l’inconscient dans nos relations
Nous aimons penser que nous choisissons nos relations de manière parfaitement rationnelle.
Dans la réalité, beaucoup de mécanismes interviennent avant même que nous ayons eu le temps d’y réfléchir consciemment.
Une attitude, une manière de communiquer, une distance émotionnelle ou une certaine dynamique relationnelle peuvent réveiller quelque chose de profondément connu.
C’est notamment pour cela que certaines rencontres provoquent une attraction extrêmement forte alors que nous connaissons encore très peu la personne.
Cette intensité n’est pas nécessairement la preuve que cette relation est « faite pour nous ».
Elle peut parfois signaler qu’elle vient toucher une zone émotionnelle particulièrement sensible ou familière.
Et ce qui est familier peut être confondu avec ce qui est sécurisant.
Quand le passé s’invite dans le présent
Imaginons une personne ayant grandi avec un parent affectueux mais émotionnellement imprévisible.
Par moments, ce parent était disponible.
À d’autres moments, il ne l’était plus.
L’enfant peut avoir appris à surveiller constamment la relation :
Est-ce que tout va bien ?
Est-ce qu’il m’aime toujours ?
Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ?
Des années plus tard, un partenaire qui devient soudainement distant peut réactiver cette ancienne insécurité.
La réaction émotionnelle peut alors devenir beaucoup plus intense que la situation présente ne semblerait le justifier.
Ce n’est plus seulement le silence du partenaire aujourd’hui qui est vécu.
Tout ce que ce silence vient réveiller peut également être présent.
C’est ainsi qu’une situation actuelle peut parfois devenir le déclencheur d’une blessure beaucoup plus ancienne.
Les blessures émotionnelles et les relations
Certaines expériences laissent des traces particulièrement profondes.
Abandon, rejet, humiliation, injustice, trahison, manque de reconnaissance, insécurité affective…
Peu importe le vocabulaire utilisé pour les nommer : lorsqu’une expérience n’a pas été pleinement intégrée, certaines situations peuvent continuer à la réactiver.
Une personne ayant profondément peur de l’abandon pourra, par exemple, devenir extrêmement sensible à la distance.
Une personne ayant appris qu’elle devait être utile pour être aimée pourra facilement entrer dans une posture de sauveur.
Une personne ayant été souvent trahie pourra tenter de contrôler son environnement pour éviter de revivre cette souffrance.
Ces comportements ne sont pas absurdes.
Ils ont généralement eu une fonction protectrice.
Le problème apparaît lorsque ce qui nous a autrefois protégés commence aujourd’hui à nous enfermer.
Pourquoi la prise de conscience ne suffit-elle pas toujours ?
C’est probablement l’une des expériences les plus frustrantes du travail sur soi.
On peut avoir parfaitement compris son fonctionnement…
et continuer à le reproduire.
« Je sais que j’ai peur d’être abandonné. »
« Je sais que je veux toujours sauver tout le monde. »
« Je sais que je choisis des personnes indisponibles. »
« Je sais que je ne pose pas mes limites. »
Et pourtant, lorsque la situation se présente à nouveau, la réaction revient.
Pourquoi ?
Parce qu’une prise de conscience est principalement cognitive.
Or, un schéma peut également être émotionnel, corporel et automatique.
Savoir pourquoi nous réagissons d’une certaine manière est une première étape essentielle. Mais comprendre intellectuellement une blessure ne signifie pas nécessairement qu’elle ne s’activera plus.
Le système nerveux participe lui aussi à nos réactions
Lorsque nous percevons une menace relationnelle, notre organisme peut réagir très rapidement.
Selon les personnes et les situations, cela peut provoquer :
de l’anxiété ;
une accélération du rythme cardiaque ;
un besoin urgent d’obtenir une réponse ;
de la colère ;
une envie de fuir ;
une fermeture émotionnelle ;
une rumination mentale ;
ou au contraire une tendance à se soumettre pour éviter le conflit.
La réaction apparaît parfois avant même que la partie rationnelle de notre cerveau ait réellement analysé la situation.
C’est pourquoi entendre :
« Tu sais pourtant que tu ne devrais pas réagir comme ça »
a rarement beaucoup d’effet.
La personne le sait souvent déjà.
Comment sortir d’un schéma relationnel répétitif ?
Sortir d’un schéma ne signifie pas devenir parfaitement détaché ni ne plus jamais être blessé.
Il s’agit progressivement de retrouver davantage de liberté dans sa manière de réagir.
1. Identifier ce qui se répète
La première étape consiste à regarder non seulement les personnes rencontrées, mais surtout ce que nous ressentons régulièrement dans nos relations.
Quelle émotion revient ?
Quelle situation déclenche toujours la même réaction ?
Quel rôle prenons-nous ?
Qu’attendons-nous constamment de l’autre ?
La répétition devient alors beaucoup plus visible.
2. Identifier ce que la situation vient toucher
Lorsqu’une émotion paraît disproportionnée, une question peut être particulièrement intéressante :
« Qu’est-ce que cette situation signifie pour moi ? »
Un message sans réponse peut signifier :
Je ne compte pas.
Une critique :
Je ne suis pas assez bien.
Une distance :
On va m’abandonner.
Un désaccord :
Je risque de perdre la relation.
Derrière l’événement se cache souvent une interprétation beaucoup plus profonde.
3. Différencier le présent du passé
L’objectif n’est pas de nier ce que fait l’autre.
Certaines relations sont réellement déséquilibrées, irrespectueuses ou incompatibles avec nos besoins.
Tout n’est donc pas « une blessure intérieure ».
Mais apprendre à distinguer ce qui appartient réellement à la situation présente et ce que cette situation réactive de notre histoire permet d’y voir beaucoup plus clair.
4. Apprendre à poser des limites
Le travail intérieur ne consiste pas à tout accepter sous prétexte que « l’autre est notre miroir ».
Au contraire.
Plus nous comprenons nos mécanismes, plus nous pouvons identifier ce qui nous convient et ce qui ne nous convient plus.
Une limite n’est pas une punition.
C’est une manière de reconnaître :
« Voilà ce que je suis prêt à vivre, et voilà ce que je ne souhaite plus vivre. »
5. Travailler au-delà du mental
Lorsque certains automatismes sont profondément installés, différentes approches thérapeutiques peuvent permettre de travailler non seulement sur ce que la personne comprend, mais également sur les associations émotionnelles et les réactions automatiques liées à son histoire.
L’hypnose, l’EMDR, la PNL ou certaines approches de thérapie brève peuvent notamment être utilisées dans ce cadre, selon la problématique et les besoins de chacun.
Le véritable changement : ne plus réagir depuis la blessure
Guérir ne signifie pas que plus personne ne pourra jamais nous blesser.
Cela signifie que nous devenons progressivement capables d’observer ce qui se passe en nous sans être entièrement dirigés par nos anciennes réactions.
Et quelque chose commence alors à changer.
Nous pouvons aimer sans nous abandonner.
Dire non sans vivre immédiatement la peur de perdre l’autre.
Accepter qu’une personne soit déçue sans nous sentir coupable.
Quitter une relation qui ne nous convient plus.
Choisir différemment.
Ou parfois rester dans une relation, mais ne plus y occuper la même place.
Le changement profond ne consiste donc pas seulement à rencontrer des personnes différentes. Il consiste aussi à ne plus être la même personne à l’intérieur de la relation.
Et lorsque notre position intérieure change, certaines dynamiques deviennent tout simplement impossibles à reproduire de la même manière.
Se faire accompagner pour sortir des schémas répétitifs
Certains mécanismes peuvent évoluer grâce à une prise de conscience et à un travail personnel.
D’autres sont plus profondément installés.
Ils peuvent être liés à l’enfance, aux expériences relationnelles passées, à certaines croyances ou à des réactions émotionnelles devenues automatiques.
Dans ce cas, un accompagnement thérapeutique peut permettre d’aller travailler directement sur ce qui maintient le schéma.
J’accompagne depuis plus de dix ans des personnes dans ce travail à travers l’hypnothérapie et les thérapies brèves, notamment l’EMDR, la PNL et la CNV.
Les séances peuvent permettre d’identifier les mécanismes inconscients, de travailler sur certaines blessures émotionnelles et de construire une manière plus libre et plus consciente d’entrer en relation.
Les accompagnements sont proposés à Perpignan et à distance.
Se libérer d’un schéma ne consiste pas à effacer son histoire.
C’est parvenir à un moment où notre histoire ne décide plus systématiquement à notre place.
Lien pour un accompagnement individuel
FAQ – Schémas relationnels répétitifs
Pourquoi est-ce que j’attire toujours le même type de personne ?
Il ne s’agit pas nécessairement d’« attirer » consciemment certaines personnes. Nous pouvons cependant être plus sensibles à des personnalités ou à des dynamiques qui correspondent à ce que nous connaissons déjà émotionnellement. Certaines relations peuvent ainsi réactiver des schémas anciens et nous sembler particulièrement familières ou intenses.
Comment savoir si je répète un schéma amoureux ?
Observez moins les caractéristiques de vos partenaires que les émotions et les situations qui reviennent : peur de perdre l’autre, sentiment de ne pas être choisi, besoin de sauver, difficulté à poser des limites, relations avec des personnes indisponibles, jalousie, contrôle ou peur de l’engagement. Lorsque la même dynamique apparaît dans plusieurs relations, il peut être utile de l’explorer.
Peut-on vraiment sortir d’un schéma répétitif ?
Oui. Un schéma appris n’est pas nécessairement définitif. Le changement passe généralement par la compréhension de son origine, l’identification des déclencheurs, le développement de nouvelles réponses et, lorsque cela est nécessaire, un travail thérapeutique sur les mécanismes émotionnels associés.
L’hypnose peut-elle aider à changer un schéma relationnel ?
L’hypnose peut être utilisée dans un accompagnement thérapeutique pour travailler sur certaines croyances, associations émotionnelles et réactions automatiques. Elle ne supprime pas magiquement une difficulté relationnelle, mais peut constituer un outil parmi d’autres dans un travail thérapeutique plus global.
Est-ce toujours notre enfance qui explique nos difficultés amoureuses ?
Non. L’enfance peut jouer un rôle important, mais nos schémas peuvent également être influencés par des relations vécues à l’âge adulte, des expériences traumatiques, notre environnement, nos apprentissages et notre personnalité. Il est donc préférable d’explorer chaque situation individuellement plutôt que de chercher systématiquement une cause unique dans l’enfance.

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